Située au confluent des mondes chrétiens et musulmans, la Géorgie est bordée à l'ouest par la Mer  Noire et au nord par la majestueuse chaîne du Caucase. Ses paysages offrent un éventail unique de rivages méditerranéens, de zones subtropicales, de glaciers aux neiges éternelles et de plaines quasi désertiques.

L'histoire de ce pays est particulièrement imprégnée de légendes. Dès 600 av. J.C., les Grecs y avaient situé le mont où Prométhée avait été enchaîné par leurs dieux, puni pour avoir volé le feu afin de le donner aux hommes. Puis, au IVème siècle, ce furent Jason et ses argonautes qui vinrent conquérir la toison d'or sur les bords du Phase -le Rioni actuel- pour séduire Médée, fille de Aétès , roi de Colchide. Le destin de ce pays est une suite de périls surmontés au cours des siècles. Cette expérience du danger permanent, du sacrifice, irrigue d'un dramatisme particulier la culture géorgienne. L'âme d'un peuple combatif, jamais conquérant, se devine même dans la joie de vivre, dans l'épicurisme des oeuvres de l'artiste.

L'artiste décide de sa vocation dès l'âge de six ans alors qu'il garde les troupeaux et sculpte des figures mythologiques à même la roche. Plus tard, il fera ses études dans la section sculpture de l'Académie des Beaux-Arts de Tbilissi.

La création chez Djoti BJALAVA est généralement déterminée par les thématiques religieuses et mythologiques. Il choisit souvent des motifs appartenant à l'histoire et à la culture géorgienne et déjà maintes fois interprétés, mais, partant des symboles et de thèmes éternels, il produit des oeuvres originales et vivantes. Pour lui, la tradition et l'interprétation est un chemin et non un procédé. C'est une voie menant à l'origine du vivant, à un modèle universel d'humanité. C'est en conjuguant la voie de la tradition et l'interprétation des symboles anciens que Djoti BJALAVA crée un univers plastique original, avec son langage caractéristique, son esprit épique, sa dramaturgie propre et son exceptionnel sens esthétique à travers d'étonnantes allégories picturales.

Il  vit en France depuis 1991, où il complète son oeuvre grâce aux rencontres de coeur qu'il a faites sur le sol français et notamment celle avec frère Didier BENETEAU qui l'invite à exposer à l'Abbaye Blanche et l'Abbaye de la Lucerne, en compagnie du peintre Marcel Hasquin et du photographe Hervé Desvaux.

L'artiste a de nombreux projets en chantier, sa recherche permanente de la modernité s'appuyant sur les richesses du passé qui représentent, pour lui, les idéaux les plus élevés de l'homme et sont l'exact reflet des aspirations de son esprit.